Only you can make this word seem
right
Monaco, le 13
septembre 2007
par Joseph Tiques
J
ai un voisin croate qui m’a enseigné à dire Dobro jutro qui est tout simplement le bête « bonjour »
dans sa langue maternel. Appart ça il m’appris son prénom : Frederik. Avec
au peu près soixante et quelques ans, cet homme de figure mince s’exécute comme
majordome sur un bateau privé à Monaco. Il a toujours vécu et travaillé à la
mer, au moins c’est le plus profond que sa mémoire et mes questions ont réussi
à fouiller. Avant il s’agissait des grands paquebots qui transportent des
matières divers autour du monde. Il a de beaux souvenirs : une grande
chambre avec vue sur le bleu infini et le temps pour parcourir le monde entier.
C’est ça qu’il a fait, de Chine au Mexique, de Patagonie aux mers de Sibérie.
En parlant de passions et discipline, il m’a avoué sa dévotion pour la
charpenterie et le taillage de la pierre en constatant qu’il avait absolument
rien à branler sur ce bateau ou je le voyais se faire chier. Je le dis avec les
mots qu’il a bien utilisé en anglais et espagnol. Oui, l’usage d’espagnol
c’était aussi ma surprise. La question évidente était pourquoi ? Les
longues saisons au Golf du Mexique, près de l’antique port commercial de
Veracruz, lui avaient procuré des amours et hais avec Maria Antonia Gutiérrez Fernandez, et bien sûr des leçons intensives du
castillan. Et que est ce qu’il faisait alors sur l’abominable yacht qui l’ôtait
le sommeil? C’était une proposition « obligatoire » de son patron, le
paquebotman,
pour y passer la saison d’été à lui servir des teas et ranger son lit. « Plus jamais ! » il se
exprimait depuis son tribord, comme si il aurait outragé sa dignité et les
efforts d’une vie.
On a resté en silence, il a allumé un cancer. J’ai compris
tard qu’il existe amplement de silence dans les conversations des gens marins,
du fait peut être qu’ils laissent la mer dialoguer aussi avec eux.
Il a repris, « Comme sûrement toi, j’ai sensibilisé mes
mains et maintenant j’arrive à traduire mes créations tels que je les conçois à
travers mes doigts », il a agité ses
doigts comme un pianiste. « Je devrais être en train de poncer les bois et
de garder mes oliviers » - il a continue et en disant ça il m’a fait signe avec
sa main d’attendre, il est parti à l intérieur du bateau. J’ai resté sur mon babor en regardant les poissons nager dans le segment de
mer qui nous séparait d’à peine quelques centimètres.
Il est revenu avec
un cd entre les mains et il m’a expliqué que dedans il y avait des photos de
ses travaux en bois aussi bien que de ses olives en Croatie. Avant de me le
confier pour que j’en puisse jeter un coup d’oeil, il m’a appris que ses arbres
portaient les noms de les amantes qu’il avait eu
pendant tous ces voyages ultramarins. « Quand je suis là, tous le matins
de bonheur je vais leur parler un peu en les caressants comme mes anciennes
amours », il s’exprimait. Quand quelques heures plus tard j’ai vu les
photos, j’ai pu constater que les fleurs chez les oliviers poussaient de une
façon légendaire.
Avant émigrer vers
nos respectives tâches, Frederik ma demandé
en dernier question si je voulais continuer à voyager pour un bon moment. Je
lui ai expliqué que j étais en quête de quelque chose, que je ne saurais pas
m’arrêter autant que je ne la découvre pas. Il a souri, tout suite j’ai su
c’était ironie. « Tu finiras à soixante ans comme moi, avec le monde dans ta
main, mais tout seul ».
Je ne sais pas
toujours dire s’il a raison ou pas. Si peut être il n’a pas réussi à trouver, à
se trouver, ou si après toute cette quête et patience, il s’est rendu compte qu’il
avait rien à chercher, que tout était déjà là au départ, mais il était
tellement aveugle…
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**Me mains qui
doivent obéir ce que ma tête leur
commande. Ma tête qui doit suivre ce que mes mains du monde l’apportent .